IDENTITÉ

Parce que le corps en mouvement est toujours vrai, la danse est un art qui donne un accès véritable à l’in- timité. C’est en sens que ce qui émane de notre corps s’inscrit dans l’art du réel, là, ici et maintenant.

A partir de cela se construit une démarche hybride, dans laquelle danse, musique, théâtre du corps et de la voix, associations technologiques et numériques se font écho pour nourrir une inlassable exploration du monde, des hommes, de leurs travers et leurs désirs, de ce qu’ils font, sont et deviennent. La compagnie suit un processus de création et de recherche donnant naissance à une écriture qui ne se définit que par une volonté honnête, intelligente et à la fois spontanée. L’objectif est de poser un mouvement dans l’es- pace comme celui du peintre qui matérialise son art sur la toile, ou celui du verbe sur le papier.

C’est cet imperceptible et cet éphémère qui intéressent Sarah Baltzinger. Ce qui est direct est déjà inscrit et n’a aucune nécessité à être relaté puisqu’il est existant et évident pour chacun. Sa recherche s’inscrit dans le mouvement entre ce qui est clair et étranger, dans le mouvement de l’air et des transferts.

Sarah Baltzinger se sent plus vraie et sincère en puisant son inspiration dans ce qui lui semble le plus per- tinent : l’intime, le sensible et soi-même.

Dans son art, elle aborde la dramaturgie chorégraphique de diverses manières, sous différentes approches, en n’ayant aucune crainte de ce qu’elle représente. Le théâtre contemporain, la poésie et les mots sont des sources d’inspirations fortes pour développer une écriture et un travail autour du texte du corps car le corps détient un langage auquel nul mot ne peut se soumettre : celui de toutes les émotions. Là où il n’y a pas de définition, de mot, d’édit pour signifier quelque chose, c’est le corps qui prend le relais. Il délivre, alors, avec authenticité, intelligence et simplicité.

Une danse du ressenti qui vient frapper à la porte des sens

Rainer Maria Rilke a dit : « Approchez vous de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. »

Le créateur doit observer son monde intérieur, le visiter. Et c’est ainsi, en s’inspirant de moments qui ont marqués sa vie et façonnent ses mémoires, qu’il s’inscrit dans un engagement qui le pousse à continuer, à exister, à se construire, à défendre des idéaux, des convictions, et de ce fait, à employer l’art comme un moyen d’expression assumé.

Se libérer de l’art thérapeutique et observer le monde, exprimer sa foi en une beauté et toute l’horreur qui peut survenir parfois. Par tous ces mots, Sarah Baltzinger s’engage au travers de sa danse et de son mou- vement à offrir une vision du monde, sans qu’elle ne devienne une vérité.

Offrir la possibilité de dire des choses, d’interpeller le public, de le bousculer, de l’amener à la danse contem- poraine en illustrant un propos qui le touche, auquel il aura la possibilité de s’identifier.